MIRANDUM

 
 

Sainte Gudule et sa légende


Ste Gudule et sa lanterne rallumée par un ange

 
Gudule (du latin Guodila), fille du comte Witger et de Sainte Amelberge, est née vers 650 au château de Hamme, en Brabant. Amelberge était la nièce de Pépin le Bref, Maire du Palais. Après la naissance de Gudule, sa mère Amelberge, qui sera elle-même vénérée comme sainte, embrassa la vie religieuse, et, selon la tradition, reçut le voile des mains de Saint Aubert, Evêque de Cambrai (aux environs de 668).

 
Ste Amelberge, mère de Ste Gudule

La soeur de Gudule était Sainte Renelde, et son frère Saint Emebertus ; ce dernier succéda à St. Vindicien comme Evêque de Cambrai aux environs de 695.

 

Ste Renelde

Dès son plus jeune âge, Gudule se montra un digne enfant de sa mère et vécut avec Renelde et Emebertus dans une atmosphère de piété et de travaux édifiants. C’était, disent les chroniques, une petite fille « chaste de corps, chaste d’esprit, affable envers tous, remarquable par sa patience et son humilité, forte dans sa foi ».  
Elle reçut sa première éducation à l’Abbaye de Nivelles, auprès de Sainte Gertrude sa marraine. A la mort de celle-ci en 659, Gudule revint à Hamme, partageant sa vie entre la prière et les œuvres de charité.      


    
 Ste Gertrude de Nivelles
(Peinture flamande vers 1530)

Fidèle aux habitudes prises à l’Abbaye de Nivelles, la jeune fille allait prier très tôt le matin à l’église de Moorsel proche de 3 km. Une nuit qu’elle se rendait à Moorsel pour l’office matinale, le diable souffla la flamme de la lanterne qu’elle portait, et Gudule ne put poursuivre sa route au cœur des ténèbres. Dans sa détresse, elle implora le secours du ciel et aussitôt un feu miraculeux rendit l’éclat à son luminaire. Telle est la légende, illustrée notamment par la statue du porche Sud de la cathédrale des Saints Michel et Gudule.

 
Ste Gudule tenant une lanterne qu’un diablotin vient éteindre
(portail sud)


Ste Gudule tenant un livre ouvert

Lors de la fondation de Bruxelles, aux environs de 979, les autorités religieuses trouvèrent certainement un modèle intéressant en Sainte Geneviève. la sainte patronne protectrice de Paris. Cette bergère parisienne avait été la victime préférée d’un diablotin qui lui soufflait son cierge, l’obligeant à opérer chaque fois un miracle pour le rallumer.
C’était un symbole édifiant de la pureté qui triomphe du mal et de la lumière qui triomphe des ténèbres.
 
 
Ste Geneviève

Les chanoinesses de l’Abbaye de Nivelles se souvinrent que la même aventure était arrivée à Sainte Gudule, filleule de Sainte Gertrude, leur Abbesse.
Les autorités religieuses firent donc transférer les restes de Sainte Gudule dans l’église de l’île St Géry. Conformément à sa légende, on lui conféra comme attributs un petit diable, un soufflet et une lanterne. On y ajouta ensuite un ange qui rallume sa lanterne, chaque fois que le vilain diablotin l’éteint. Sainte Gudule est notamment représentée sur un sceau de l’église Sainte Gudule de 1446, reproduit par le Père Ch. Cahier (Caractéristiques des saints, I, 198) tenant dans sa main droite une bougie, et dans sa gauche une lampe, qu’un démon tente d’éteindre. Les vieilles gravures sur bois relatives aux saints nés dans les états de la Maison d’Autriche, représentent Sainte Gudule un cierge à la main.
 
Les chroniqueurs de l’époque rapportent un étonnant prodige à l’occasion de la translation des reliques. Quand on voulut ouvrir le sarcophage pour authentifier les reliques, d’épaisses ténèbres auraient envahi la crypte, frappant les assistants de terreur. Il fallut 3 jours et 3 nuits de jeûnes et de prières pour qu’on puisse enfin s’approcher du coffre sans être incommodé, examiner les ossements et y apposer le sceau requis.
En témoignage du miracle, Charles fit don à la sainte de six exploitations agricoles, sises sous Molenbecca, qui, selon Paul de Saint-Hilaire, signifierait en celte : « le gué des moutons ». Une allusion à la bergère Geneviève ?
Rien n’interdit toutefois de se contenter de la signification « ruisseau au moulin » pour Molenbeek.



Ste Geneviève dans un cromlech avec ses moutons

 

Gudule mourut vers 712 et fut enterrée à Hamme, petit bourg que l’Abbaye de Nivelles possédait à l’époque près de Wemmel. Environ un siècle après sa mort, ses restes furent transférées de l’église de Hamme à l’église Saint Sauveur de Moorsel, où ils furent enterrés derrière l’autel.

La fête de la Sainte Gudule, Vierge, est célébrée le 8 janvier. Notons à ce propos que la "tremella deliquescens", une fleur qui porte des fruits au début de Janvier, est connue sous le nom "Sinte Goulds lampken" (lanterne de Ste Gudule).

Le 16 novembre 1047, Lambert II de Louvain, comte de Bruxelles et sa femme Oda de Verdun fondèrent un chapitre de Sainte Gudule et firent transférer les reliques de la sainte de l’église Saint-Géry à l’église Saint-Michel.   Ce sont les moines de  l'abbaye de Lobbes qui furent chargés de rédiger la vie de la Sainte entre 1048 et 1051 (Acta Sanctorum, Vita sanctae Gudilae, tome I de janvier, p. 528; Acta Sanctorum Belgii, tome V, p.730).                                                                              

En 1330, de grandes indulgences furent accordées à la fête de la sainte à tous ceux qui assistèrent et participèrent à la décoration et à l’achèvement de l’église Ste Gudule de Bruxelles.
 
Malheureusement, le 6 Juin 1579, la collégiale fut pillée et détruite par les Gueux et les hérétiques protestants, et les reliques de la sainte déterrées et dispersées.
 
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